Un budget du département de l’Hérault toujours aussi opaque.
Coluche disait: « Serrez vous la ceinture encore 5 ans après vous serez habitués ».
Lundi 24 mars, jour 1 du vote du budget du département de l’Hérault, la CIP (Coordination des Intermittent•es et précaires), l’intersyndicale, salarié•es/employeur euses des professionnel-les du spectacle, travailleur euses de l’art et membres de la CGT de la fonction publique, ont manifesté leur colère face à l’opacité et au silence des élu•es du département de l’Hérault tenus à leur égard.
La Vice-présidente à la culture, Marie-Pierre Pons et l’élue Zita Chelvi-Sandin, sont sorties tout sourire face aux professionnel les pour rendre compte de leur « victoire » : celle d’avoir réussi à faire voter un budget de 9,144 millions d’euros pour la culture et le patrimoine, part obligatoire et non obligatoire confondues.
Mais aux questions que les professionnel•les ont posées, pas de réponse claire !
Au mécontentement face à l’opacité des chiffres et à la non concertation pour trouver des solutions ensemble, la vice-présidente a lancé : « une collectivité territoriale n’a pas à entrer en concertation avec vous pour la discussion d’un budget » avant de tourner les talons et regagner l’hémicycle.
C’est faire peu de cas de l’ensemble des professionnel-les, des citoyennes et des électeurs et électrices que nous sommes. Nous rappelons à Mme la Vice-présidente qu’elle est une élue du peuple et qu’à ce titre elle a à rendre les comptes publics. Ce qu’ils ne sont pas.
Ainsi, les élues ont annoncé à la presse une baisse des dotations, oscillant entre 3 % en ressenti sic (là où une convention est signée entre le département et les inter-communalités) et 16%.
Mais par rapport à quel montant ? Tant que les chiffres de 2024 (budget réalisé) n’auront pas été dévoilés, le flou persiste.
Il apparaîtrait que les élues eux-mêmes n’aient pas eu accès à l’intégralité des comptes, puisqu’il-elles ont voté ce jour-là un budget prévisionnel sans avoir sous les yeux les chiffres du budget réalisé en 2024. Ce qui est peu orthodoxe.
Le budget voté est de 9,144 millions dont 6 millions de part obligatoire de laquelle le CD34 ne peut se dédire. Trois millions seront donc réaffectés vers la culture et le patrimoine, alors que les annonces faites par Kléber Mesquida auguraient 0€.
Si les 6 millions obligatoires représentaient 48% du budget de 2024 (chiffre annoncé par le département), les 52% restants concernant la part non-obligatoire s’élevaient donc à 6,250 millions d’euros, soit un budget de la culture et du patrimoine, voté en 2024, d’un montant de 12,400 millions d’euros.
En réaffectant 3 millions d’euros pour 2025 sur la part non-obligatoire, la baisse effective est de 50% pour le budget culture du département.
Nous sommes toujours en attente des chiffres 2024.
D’après nos informations, tout porte à croire que des économies de 2 millions faites sur le dos de la culture aient commencé au second semestre 2024, et que le budget réalisé (environ de 10 millions d’euros) n’ait pas atteint le prévisionnel de 12,4 millions d’euros voté l’année dernière.
Les élues et les services auraient donc anticipé les économies par, notamment, l’arrêt d’Hérault Matériel Scénique (sous couvert d’illégalité, ce qui est complètement faux), la fermeture du Théâtre d’Ô, la réduction de projets accompagnés, la refonte de 34 Tours.
Or, le directeur de la Culture au Département avait annoncé fin juillet dernier aux représentantes du Synavi le maintien de 1.200.000 euros des aides (compagnies et lieux), 300.000 euros pour Arc-en-Ciel (Handicap), Pouss’Culture (Enfance), et les Actions Educatives Territoriales (Collèges); la refonte de certains dispositifs chiffrés (32.000 euros pour 34 Tours pour 4 projets. 60 projets d’AET, mieux financés, sous forme de catalogue) et la mise en place de dix appels à projets pour des résidences à la rentrée 2024. Plus, cerise sur le gâteau, un appel à projets sur deux ans, bien financé,en co-financement avec la DRAC.
Un seul, pour 2025, en EHPAD, est sorti. Le Théâtre d’Ô, fermé depuis novembre 2023 « pour raisons de sécurité » reste cependant ouvert à la location…
Le combat n’est pas terminé. Au vu et au su de ces éléments, nous restons extrêmement vigilant·es sur la suite de la gestion financière et les annonces départementales à venir. Nous réitérons notre souhait d’être associé·es à la mise en place d’Etats Généraux de la Culture réunissant l’ensemble des collectivités locales, territoriales, l’État et les organisations professionnelles.
Nous nous tenons dans l’attente de chiffres définitifs, de leur répartition entre lieux, dispositifs, et aides aux compagnies et enfin d’un argumentaire éclairant les choix qui seront faits. Attaquer les budgets culturels, associatifs et sociaux, sont des choix politiques indignes d’une collectivité, fût-elle de droite ou de gauche. Nous attendons plus de courage et de volonté politique face à la vague réactionnaire qui gagne l’ensemble du pays.

