4 mars: Compte rendu de la réunion à la DRAC

Après un rassemblement d’environ 300 personnes au pied des marches du Corum à Montpellier, les manifestants se sont rendus en cortège à la DRAC où une délégation de 6 personnes représentant les syndicats Sam-Olr CGT, Syndeac, SFA CGT, Synavi, Snsp et le CIP LR a été reçue par Bruno MIKOL, directeur adjoint, et Catherine MONNET secrétaire générale.

Les demandes des syndicats étaient les suivantes:

  • Etre associés au travail sur la répartition des moyens
  • Visibilité et transparence sur les dispositifs de soutien et la temporalité de la reprise
  • Prise en compte des statuts particuliers qui passent sous les radars
  • Ouverture d’un fonds fléché sur l’emploi
  • Droits sociaux: congés maladie et congés maternité, fin de “l’année blanche” au 31 aout
  • Accompagnement de la création et de la diffusion
  • Calendrier de réouverture des lieux de spectacle
  •  Incohérences dans l’enseignement artistique ( majeurs interdits de cours en écoles de musique, suspension des cours de danse…)
  • Missions Orchestres et Opéras lancées à 1 an des présidentielles, avec notamment les thèmes de l’emploi et des “modèles économiques”…

M.Mikol fera remonter à l’administration centrale, mais indique que Mme Bachelot n’est pas décisionnaire. Ce sont le Président et le Premier ministre qui décident “de manière unilatérale”. La ministre se bat en revanche beaucoup pour l’emploi et les droits sociaux. Depuis le confinement, il a un dialogue avec les structures de spectacle vivant et les auteurs, à travers le COREPS notamment. Il travaille également beaucoup avec le Conseil régional à travers Occitanie en scène, Occitanie Livre et Lecture.. Il y a une cellule de veille qui identifie les structures intermédiaires, les tiers lieux associatifs qui sont en difficulté, et un accompagnement direct (financier, de droit commun ou la redirection vers un autre ministère).

Concernant la visibilité, M.Mikol ne s’estime pas compétent pour annoncer une date de réouverture et s’en tient aux annonces déjà faites: jauge de 5000 personnes pour les festivals, ouverture des lieux patrimoniaux en premier, concerts-tests dont les résultats sont attendus avant les Etats généraux de Bourges. Il prévoit que l’aspect scientifique prévaudra sur les aspects sociaux et psychologiques.

Pour la transparence, il indique qu’en tout 40 M€ seront débloqués en 2021 et 20 M€ en 2022, dont 30 M€ pour la musique et 15 M€ pour la numérisation. Ce sera largement insuffisant à l’échelle du territoire. En 2020, il a recensé les demandes et les problématiques des Festivals. Mais in fine, l’administration centrale fait une quote-part sur des critères qui ne correspondent pas à la réalité du terrain. Il faut avoir des discussions sur l’objectivation des critères, ce qui se passe déjà avec le CNC car il y a beaucoup de tournages dans la région.

Sur le sujet de l’enseignement artistique, il n’a pas de réponses quant à l’incohérence d’empêcher les élèves majeurs de recevoir leurs cours d’instrument en écoles de musique. Seuls les établissements ayant des cycles professionnalisant le peuvent … Quant à la suspension des cours de danse, il y voit un poids de la Ministre des Sports supérieur à la Ministre de la Culture.

Concernant les Missions Opéras et Orchestres, le calendrier n’est pas un problème, il y a de toutes façons des échéances électorales quasiment à tout moment. A propos des inquiétudes liées à l’étude des modèles économiques, du mécénat et de l’ emploi , il déclare que les missions aborderont tous les champs et que la notion de service public doit poser la question des financements publics/privés. Par ailleurs il se prononce pour la permanence de l’emploi, de préférence au modèle de l’intermittence. Je souligne que les modèles économiques anglo-saxons, basés sur un fort mécénat et beaucoup d’intermittence, mettent à mal les artistes et les formations musicales de ces pays actuellement.

En conclusion, M.Mikol pose qu’il n’y a pas de réponse du Ministère aux questions “Quel est l’artiste de demain? Quelle est la culture de demain? “

Accompagner la reprise, oui, mais pour quelle reprise ? Il faut réinterroger la notion d’empreinte de la Culture dans le territoire. Il constate qu’il y a plus de cathédrales que de scènes nationales. Un seul Centre national chorégraphique, 9 SMAC ( scènes de musique actuelle) pour 13 départements. Il faut structurer d’autres lieux, investir dans le GIP Cafés Culture, en travaillant avec les collectivités territoriales. L’aménagement culturel de la région Occitanie est loin dêtre achevé.

La réunion s’achève au bout d’1h30 d’échanges.

Agnès Brengues