Où sont les mesures permettant aux artistes de la musique de reprendre le travail ?

COMMUNIQUÉ DU SNAM-CGT ET SNM-FO

 A l’occasion de la Fête de la Musique, nos organisations ont sollicité une rencontre avec le Ministre de la culture, Franck Riester. Nous avons été reçus par sa directrice de cabinet et son conseiller en charge de la création artistique et du soutien aux artistes ce 22 juin.

Nous constatons l’impossibilité de travailler pour beaucoup de musiciens et de musiciennes. Beaucoup d’entre-eux restent donc dans une situation économique et sociale désastreuse.

Parmi les nombreux problèmes nous avons choisi d’évoquer les plus urgents :

– le guide ministériel sur les conditions de la reprise du travail dans le secteur musical que le ministre évoque depuis des semaines et auquel nous avons contribué n’est toujours pas sorti, mettant en difficulté les artistes et leurs employeurs, autant dans les institutions musicales les plus prestigieuses que dans le secteur des organisateurs occasionnels qui renoncent de ce fait à l’organisation de concerts.

On nous dit que le document sera publié dans les 48H.

 Si le Projet de Loi de Finances Rectificative dit PLFR3 devait s’en tenir aux 50M€ destinés au Centre National de la Musique, annoncés par le Président de la République le 6 mai, les ensembles musicaux subventionnés tels qu’opéras et orchestres symphoniques se verraient privés de l’aide d’urgence dont ils ont besoin pour reprendre leur activité dans le volume des programmations initialement prévues. Les conséquences seraient néfastes tant pour le public auprès desquels ces formations musicales exercent leurs missions dans tout le pays que pour les artistes privés de travail.

Le ministère n’est pas en mesure de dire à l’heure actuelle s’il pourra financer des aides directes aux ensembles musicaux. Plutôt Air-France que l’Opéra, plutôt les professionnels du tourisme que les artistes, les choix du gouvernement font l’impasse sur la culture.

 Les conditions de la reprise des spectacles conduisent nombre d’organisateurs de concerts à renoncer. Demi-jauges, espacement des spectateurs, craintes du public, autant d’éléments qui empêchent de trouver un équilibre financier entre les salaires des artistes, les coûts de production et les recettes de billetterie. Sur le mode du GIP Cafés-Cultures ou du FONPEPS Petites-Salles, nous avons revendiqué l’instauration d’aides à l’emploi progressives en fonction du nombre d’artistes sur scène.

On nous a dit confier l’étude de la question à Jean-Philippe Thiellay, le Président du Centre National de la Musique. Nous suivrons de près l’avancée de la réflexion sur le projet pour une mise en œuvre la plus rapide possible. C’est vital pour de très nombreux artistes de la musique.

Le FONPEPS (FOnds National Pour l’Emploi Pérenne dans le Spectacle) qui devait à l’origine être doté de 90M par an en est aujourd’hui à 5M. Tant que les budgets affectés aux aides à l’emploi artistique resteront aussi faibles le slogan de Franck Riester «mettre l’artiste au centre» restera totalement creux.

 On nous a indiqué que le décret prolongeant les droits de l’ensemble des intermittents indemnisés au 1er mars 2020 jusqu’au 31 aout 2021 serait publié dans les premiers jours de juillet. Ce décret ne prévoit rien pour les personnes qui étaient en rupture de droits ou pour les artistes qui allaient ouvrir des droits pour la première fois lorsque la crise s’est déclenchée, souvent des jeunes, dont le Président de la République a affirmé se soucier.

Le Ministère de la Culture nous a déclaré travailler à une prise en charge par le fonds de professionnalisation des salariés intermittents dans cette situation.

Nous avons fait remarquer l’urgence de ce dossier, les mois passent sans que ces professionnels ne touchent le moindre centime. Nous n’avons aucune information sur les modalités d’attribution de l’allocation qui serait créée, ni sur son montant.

 le programme 2S2C (Sport-Santé-Culture-Civisme) mis en place par les ministères de l’Éducation Nationale et de la Culture a débuté depuis quelques semaines. Nous avons dénoncé un dispositif qui ne s’adresse pas à tous les enfants, qui est sans lien pédagogique avec les enseignants et pour lequel les conditions salariales faites aux artistes sont lamentables. Devant nos craintes de voir le 2S2C reconduit à la rentrée, on nous a à peine rassurés en disant qu’un bilan serait tiré après l’été et que les termes de la charte sur l’EAC seraient respectés.

Alors que certains secteurs économiques se voient accorder des aides spécifiques de plusieurs milliards d’euros, la culture, et tout particulièrement la musique, ne bénéficient que de mesures de soutien dérisoires. La timide reprise des concerts que nous constatons en ce début d’été laisse penser que le retour à un niveau d’activité «normale» ne se réalisera pas avant longtemps, à plus forte raison si la politique de relance de l’État reste inexistante.

Nous appelons les musiciens et les musiciennes à répondre aux appels à la mobilisation qui seront nécessairement lancés dans les semaines qui viennent.

Plus que jamais, nous voulons vivre de nos métiers, porter la musique auprès de tous les publics et contribuer à la diversité de la création artistique dans notre pays. 

Paris, le 23 juin 2020

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